L’immeuble ressemble à un blockhaus, un bunker, imposant béton futuriste d’une époque dépassée.
En courbe et fenêtres meurtrières.
Un château fort moderne, imposant, ostentatoire.
L’entrée "clients" est réservée à ceux-ci.
Les fourmis passent par l’entrée de service, les cadres par le parking en sous sol.
Car c’est le siège social en plein cœur de la ville et les places de garage sont limitées.
Il faut badger partout, pour prendre l’ascenseur, pour appuyer sur un bouton d’étage, pour ouvrir une porte, les toilettes sont bien heureusement en accès libre,(imaginez que quelqu’un oublie son sésame !).
Des portes partout rajoutées au bâtiment initial.
Je suis au 3°.
Maintenant je connais le raccourci, la première fois j’ai pris le grand tour dans ce couloir de sous marin.
Le service qui m’a recueilli a une surface minuscule moquettée, les bureaux ayant la lumière du jour sont réservés aux cadres inférieurs, car les autres ont obtenu le 2° étage.
Nous sommes donc entassés entre paravents et armoires imprimantes, photocopieuses.
Plafond bas, aération scotchée, néons cartons d’archives.
Ne rien dire, sourire sans comprendre pourquoi un étage plus bas il y a de l’espace grand standing, et mieux comprendre quand pour porter un chèque à signer l’on se retrouve miteuse dans cette veste de tailleur qui a fait son temps en croisant les costards cravatés qui n’étaient pas dans la rue eux avec sifflets et cornes de brume. Ils se retrouveront sur le pavé avant moi. 4500 licenciements dans l’entreprise sur toute la France en préparation. Ma carte d’invalidité dans la poche j’arriverai bien à tenir 2 -3 ans à classer les piles de notes de frais de ces brasseurs d'air