Il faut marier Jean !
Par Caféine le mardi 24 juin 2008, 15:44 - En boîtes - Lien permanent
Jean, le benêt du village, issu du mariage arrangé d’une simple ayant des
biens et d’un héritier cultivé.
Jean élevé par la « sourde muette » sœur de la mariée et comprise
dans la dote.
Jean savait parler lire et écrire le français, mais n’a jamais su dire moi je
veux.
A la mort du père et de la mère le compte tenu de la fortune le conseil de
famille la mis sous tutorat.
Ses repas chez une vieille, la muette entre temps elle aussi décédée.
C’est ainsi que petite j’ai assisté un été à la chasse à la demoiselle
acceptant ce prétendant friqué à l’aura d’un simplet.
« Babone » mon grand père, cette année là voyant la 404 noire de mon
papa trouva qu’il serait plus facile de présenter Jean aux filles à marier de
la Corse entière.
De longues discussions sur telle ou telle eurent lieux.
Cette famille recevait l’agrément, mais aucune demoiselle en age, trop jeune,
trop vieille.
Enfin ! Un coup possible !et les parents acceptant, Babonne prépara
l’expédition.
Jean eu une coupe fraîche à Bastia, le relooker pour le rendre
présentable.
Le costardiser et le cravater.
Babonne, tuteur s’aperçu que le pôvre protégé n’avait ni slip, ni caleçon lors
d’un essayage.
La chemise à l’ancienne au grand pan arrière héritage servant de protège
cul.
Royalement honteux dans son indignation il rajouta à la note une douzaine de
culotte et s’en venta au retour.
Ce midi là tout le monde était prêt.
Ma robe repassée, mes couettes au sommet de la tête, des socquettes bien
blanches pour moi et mon frère, sermonnés à l’excès par une mère permanentée
nous devions faire bonne impression.
Ne pas bouger, manger de tout et finir notre assiette.
Ne pas demander à sortir de table même si le repas s’éternisait.
Sur la place du village nous nous sommes engouffré dans la 404 astiquée et
savonnée à la fontaine.
Papa conduisait, Babonne à coté.
Nous 4 à l’arrière.
Après des routes en lacet et des arrêts pour attendre que les vaches daignent
se bouger, nous avons été bien reçu, attendu la table était mise depuis le
matin et tout le monde sur son trente et un.
Aucun souvenir de la promise.
Certainement laide et transparente.
Mais surnage un saladier d’îles flottantes pour dessert.
Peut-être que par ma faute parce que j’avais retendu mon assiette, les affaires
de Jean n’ont pu être conclues.
Expédition sur Bastia à l’institution ST Joseph spécialisée dans les filles
perdues.
Le Babonne ne lâchait pas sa recherche.
Après rendez vous avec la mère supérieure, il est ressortit catastrophé.
Aucune fille selon la Sainte mère récupérable pour une vie de couple.
Elles n’attendaient leur majorité que pour aller faire le trottoir à
Marseille.
Alors, Jean restât célibataire.
Oisif et riche, mais complètement abandonné.
Soigné, nourrit et délaissé dans sa grande maison fortifiée carrée sans
chauffage.
Plus de dents, pas de lunettes il a finit à l’hospice parce qu’il ne demandait
rien à ses tuteurs.
Sauf que ce simple se souvenait de nos prénoms, réclamait de nos
nouvelles.
Abêtit par un village entier coincé dans ses traditions, ils ne lui ont pas
donné sa chance.


Commentaires
point d'interrogation, si, rien que des interrogations, une vie d'interrogations, à quoi bon ?
Voyons, une assiette 'retendu' a t'elle fait le malheur de Jean ? Moi qui aimerai être simple d'esprit.
Et l'Ado comment va t il ?
récit poignant de réalisme ... réalisme ... imaginaire ou réalité ?
Je suis revenue la tête pleine d'histoires qui font mal au cœur.
celle ci est vraie,pour d'autres des recherches et des recoupages sont obligatoires.Les volets dans cette île sont clos.
Les langues se délient à l'heure du pastis.
Je n'ai pas de compte à régler, j'ai scanné d'anciennes photos que je vais imprimer et transmettre à mon père.
Peut être qu'un jour je raconterai l'histoire de la tante Antoinette et sa farine de châtaigne, ou de la sourde muette qui savait parler aux enfants.