Jean, le benêt du village, issu du mariage arrangé d’une simple ayant des biens et d’un héritier cultivé.
Jean élevé par la « sourde muette » sœur de la mariée et comprise dans la dote.
Jean savait parler lire et écrire le français, mais n’a jamais su dire moi je veux.
A la mort du père et de la mère le compte tenu de la fortune le conseil de famille la mis sous tutorat.
Ses repas chez une vieille, la muette entre temps elle aussi décédée.
C’est ainsi que petite j’ai assisté un été à la chasse à la demoiselle acceptant ce prétendant friqué à l’aura d’un simplet.
« Babone » mon grand père, cette année là voyant la 404 noire de mon papa trouva qu’il serait plus facile de présenter Jean aux filles à marier de la Corse entière.
De longues discussions sur telle ou telle eurent lieux.
Cette famille recevait l’agrément, mais aucune demoiselle en age, trop jeune, trop vieille.
Enfin ! Un coup possible !et les parents acceptant, Babonne prépara l’expédition.
Jean eu une coupe fraîche à Bastia, le relooker pour le rendre présentable.
Le costardiser et le cravater.
Babonne, tuteur s’aperçu que le pôvre protégé n’avait ni slip, ni caleçon lors d’un essayage.
La chemise à l’ancienne au grand pan arrière héritage servant de protège cul.
Royalement honteux dans son indignation il rajouta à la note une douzaine de culotte et s’en venta au retour.
Ce midi là tout le monde était prêt.
Ma robe repassée, mes couettes au sommet de la tête, des socquettes bien blanches pour moi et mon frère, sermonnés à l’excès par une mère permanentée nous devions faire bonne impression.
Ne pas bouger, manger de tout et finir notre assiette.
Ne pas demander à sortir de table même si le repas s’éternisait.
Sur la place du village nous nous sommes engouffré dans la 404 astiquée et savonnée à la fontaine.
Papa conduisait, Babonne à coté.
Nous 4 à l’arrière.
Après des routes en lacet et des arrêts pour attendre que les vaches daignent se bouger, nous avons été bien reçu, attendu la table était mise depuis le matin et tout le monde sur son trente et un.
Aucun souvenir de la promise.
Certainement laide et transparente.
Mais surnage un saladier d’îles flottantes pour dessert.
Peut-être que par ma faute parce que j’avais retendu mon assiette, les affaires de Jean n’ont pu être conclues.
Expédition sur Bastia à l’institution ST Joseph spécialisée dans les filles perdues.
Le Babonne ne lâchait pas sa recherche.
Après rendez vous avec la mère supérieure, il est ressortit catastrophé.
Aucune fille selon la Sainte mère récupérable pour une vie de couple.
Elles n’attendaient leur majorité que pour aller faire le trottoir à Marseille.
Alors, Jean restât célibataire.
Oisif et riche, mais complètement abandonné.
Soigné, nourrit et délaissé dans sa grande maison fortifiée carrée sans chauffage.
Plus de dents, pas de lunettes il a finit à l’hospice parce qu’il ne demandait rien à ses tuteurs.
Sauf que ce simple se souvenait de nos prénoms, réclamait de nos nouvelles.
Abêtit par un village entier coincé dans ses traditions, ils ne lui ont pas donné sa chance.