Ma mère ne se nourrissait jamais, elle apportait à son organisme des éléments nutritifs, des fibres des vitamines de préférence sans sel.
Une casserole de nouilles fades et molles c’était des sucres lents ; le bol de lait bouilli du matin du calcium pour la construction de nos os, et la cuillère d’huile de foi de morue obligatoire les matins d’hiver pour cette vitamine E essentielle..
Privilégiant les légumes du jardin, les oeufs du poulailler
Et les conserves maisons. Les confitures tout fruits.
Elle n’a pas fait de vieux os avec sa cuisine insipidement équilibrée.
Et je prends la carriole pour le supermarché du coin et le fiston qui me lance un : » ramène moi des protéines et des céréales? »
Voilà qu’il s’y met lui aussi, pourtant la mémé, il ne l’a vu que bébé.
Du coup je me suis fendue d’une pissaladière au four.
Ça sent bon .
Plus que son blanc de poulet sous cellophane.
Moi je sais ce qu’il va manger ce soir.
Le goût, l’odeur et le plaisir c’est aussi vivre, et il commence à me gonfler avec cette nouvelle lubie.
Parce que pour lui il n’y a que les repas qui doivent être équilibrés.
Les en cas ça ne comptent pas.
Ni les fraises Tagada , mais là j’ai planqué la poche, pour sa santé je me dévoue et ma langue est rouge de colorant interdit.